Comment la crise du coronavirus va redéfinir la mobilité urbaine ?

Noa khamallah

La crise du coronavirus a eu pour conséquence la fermeture temporaire de la plupart des moyens de transport. Mais il semble que cette crise pourrait avoir un impact plus imprévisible et plus durable sur certaines formes de mobilité et de services partagés, selon les experts. L’objectif pour les autorités des grandes villes est de faire en sorte que les voitures ne reviennent pas en masse.

La crise, pourra-t-elle inciter les gens à reprendre leur voiture ?

utilisation vélo après le coronavirus, Noa Khamallah

Des données préliminaires provenant de Chine ont montré une augmentation des ventes de voitures neuves dans les zones touchées par le confinement, comme Wuhan. Cela s’explique par le fait que les clients “considèrent les véhicules personnels comme plus sûrs que les transports publics”. Cette tendance inquiétante n’est pas un cas isolé, car en France, le secteur de l’automobile a commencé à faire des rabais importants pour évacuer leurs stocks. Ce qui pourrait inciter les consommateurs à se procurer de nouveaux véhicules à prix alléchant.

Par ailleurs, le défi pour les autorités, c’est de mettre en place des politiques et incitations pour essayer de faire en sorte qu’une partie de ces véhicules soient électriques, note Noa Khamallah. De cette manière, les pays pourront limiter le taux d’émission de gaz à effet de serre dans les prochaines années.

Comment faire revenir les usagers dans les transports publics ?

Avec la crise du coronavirus, les gens auront certainement peur de prendre les transports en communs comme avant. Le défi des acteurs du secteur, c’est d’offrir de meilleures options de mobilité urbaine. Pour y parvenir, il faut des décisions intelligentes de la part des dirigeants du secteur des transports. Dans le cas contraire, les transports en commun auront du mal à faire revenir et à convaincre les usagers que ces environnements partagés en masse peuvent les protéger contre les virus.

Cependant, une menace encore plus grande pèse sur les transports en commun : la baisse de la taxe de vente, des frais de stationnement, des taxes sur l’essence et de toutes ces choses associées à une récession majeure.

La mobilité, sera-t-elle condamnée après la crise sanitaire ?

Mobilité urbaine avec la crise du coronavirus, Noa Khamallah

L’utilisation des services de mobilité a fortement baissé durant la quarantaine. Puisque, les plus grands acteurs du secteur des trottinettes ou de locations de vélos, tels que Lime et Bird, ont essentiellement suspendu leurs services dans de nombreuses grandes villes du monde.

Cependant, en dépit de ces temps difficiles, la mobilité post-pandémique n’est pas entièrement condamnée. Le moyen de transport idéal en cas de crise majeure fait l’objet d’un regain d’attention : le vélo. L’utilisation de ce moyen de transport est en hausse dans de nombreuses villes. Ce qui a conduit certaines collectivités à mettre en place des infrastructures afin de pouvoir à ce besoin.

De telles politiques locales de mobilité urbaine pourraient montrer aux villes les effets positifs de la mobilité. Il s’agit de mettre en avant le déplacement des personnes plutôt que des voitures. De même, la baisse massive de la pollution atmosphérique pourrait inciter à promouvoir davantage les vélos et d’autres moyens de transports plus propres.
Un monde post-pandémique pourrait offrir de meilleures options de mobilité urbaine que le monde précédent.